Nos lycéens confinés ont du talent !

L’équipe de la vie scolaire remercie tous les lycéens qui ont participé à « raconte-nous ton confinement ». 

Elle a sélectionné des textes, des vidéos, des images envoyés pendant le confinement par nos lycéens!

Découvrez les créations !

 

Quand nous sortirons d’ici

Quand nous sortirons d’ici, je briserai quatre côtes à trois amies qui me dispenseront – je l’espère – des barrières de santé tutélaires. Car quand nous sortirons de ce carcan, il nous faudra n’être point inconscient du mérite des services hospitaliers mais la France, comme en après-guerre, bohème et libérée, oubliera bien vite ceux qui l’en ont sauvée. Quand nous sortirons d’ici, je retrouverai l’espace, l’herbe verte du fossé, le vent, la vague, l’étoile, et l’oiseau et j’irai lire Baudelaire dans l’ombre protectrice d’un saule pleureur par trois fois séculaire. Quand nous sortirons d’ici, la rue ne sera plus à nous, et les oiseaux surpris piailleront de devoir défaire leur nid des bâtiments de fonctionnaires sortant de leur torpeur comme les poètes endormis dans mon genre après des nuits d’ivresse. Oui, Monsieur, poète ! comme Savinien-Hercule en son temps et comme Rostand depuis, dont je n’ai hélas pas le quart de la moitié du commencement de talent, je ne saurais assurément prétendre les valoir même avec tout le narcissisme dont fait preuve l’écrivain de peu car tout homme de plume fréquente la prétention : je ne saurais en effet trop dire quoi de l’introspection qui mène à l’écriture ou de l’écriture qui mène à l’introspection n’appelle point le suicide mais suscite l’arrogance car les lettrés suffisants estiment trop leur vie pour oser y mettre un terme, quand bien même ils se targuent d’être des oiseaux de malheur et des aristocrates décadents qui se lamentent et qui soupirent à la pleine lune venue. Moi je serai la plume du bonheur, l’auteur des larmes disparues.

Nous sommes sortis d’ici, mes amies sont revues et Baudelaire revit sous les feuilles ombragées d’un chêne en plein été : je pleure de n’avoir aucun saule dans les proximités. Nous sommes sortis d’ici et c’est confiné que j’ai soufflé mes dix-sept bougies. Ma mère m’a dit « 17 ans maintenant. Et puis quoi après cet isolement ? » On entend parler de morale à tirer, après ce mois d’avril que nous restera-t-il ? Bien peu sans doute mais qu’importe : je me contente d’eau fraîche. De vent, de vagues, d’étoiles et d’oiseaux. Je vis de fêtes, de festins, de jour sans lendemain. De valses vacillantes et de plaisirs présents. Je vis d’amis d’abord. Je vis d’un rien et mon tout est heureux. Je me répète sans cesse que demain sera mieux.

« Toc, toc. C’est l’été, le soleil et la trêve. » Je me suis demandé si c’était l’automne blagueur, le mois de novembre et sa boue qu’on remue sempiternellement chaque année lorsqu’il faut affronter les deuils, les pleurs, la pluie, les flaques à l’intérieur. Je me suis demandé si c’était un octobre farceur. J’ai ouvert et c’était bien les beaux jours en chaleur. J’ai dit « Entre l’ami » et demain m’a souri. Les complices seront rois ici.

Antoine

 

Nos lycéens confinés ont talent

Atelier : Création de logo
Voici celui de la classe de Monsieur Merlière (professeur d’anglais) 1ère G8.

 

 

 

 

 

 

 

Vidéo réalisée par Nathan